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jeudi 26 mars 2009

Ost Café


Jeudi 26 mars, 3pm.

Assise au comptoir de mon café préféré, je prépare mon voyage à travers les US. Mac Book pro, Lonely Planet d'une tonne, Moleskine, stylos de toutes les couleurs, café serré, je m'étale sur le zinc, bercée par une bonne odeur de cappuccino et la bande originale de Buena Vista Social Club en fond sonore (à NY! How ironic!). 

Atlanta, New Orleans, Huston, Las Vegas, San Francisco... Ces noms résonnent dans ma tête et emplissent la pièce d'un parfum d'aventure. Je griffonne, prends des notes, passe des coups de fils, épluche les sites internet. J'ai l'impression d'y être déjà. Géorgie, Louisiane, Texas, Nevada, Californie... Autant de noms qui font rêver et trépigner d'impatience. Je ne tiens plus en place sur mon tabouret de comptoir. 

Scène de film. Arrêt sur image, retour en arrière. Hier, à la même heure, au même endroit (je suis une habituée du Ost Cafe) je chattais avec Sophie sur Skype quand sa copine Joy (qui habite à un block du Ost) est arrivée derrière moi. On aurait voulu le planifier qu'on n'y serait pas arrivées. Scène quotidiennes de la vie du NY pas touristique, le NY que j'aime quoi. Quel luxe de pouvoir tuer une aprem entière dans un café lorsque les touristes cavalent du Nord au Sud de Manhattan, dans un course effrénée contre la montre. Le Marathon de la grande tangente! Statue-of-Liberty-Time-Square-Grand-Central-Harlem-Chinatown en moins de 24h00. "Cours Forest, cours!" Hahaha

Quel plaisir que de passer devant le Flatiron sans même se retourner, d'aller faire les soldes du Virgin à Time Square en pestant dans la foule, d'acheter sa baguette (ouais, sa baguette!) à l'angle de l'avenue A et de la 4th street avec un détachement désarmant de normalité. Quel bonheur que de donner des indications aux touristes comme aux Upsiders complètement largués downtown... 

Je sais que je me répète, mais il n'y a rien au monde qui ressemble à New York.


lundi 23 mars 2009

Pistou jusqu'à ce que mort s'en suive


Dimanche. 3pm. 
Ca ressemblerait presque à l'intitulé d'un épisode de "24", mais en vachement moins palpitant. La ville est là, toute autour, en demande, et moi je glande. Quel luxe! Glander à NYC. L'Anglais regorge de tout un tas de synonymes pour ce concept fabuleux : to chill, to hang out, to lounge, to kick back, to relax (max), to mellow out ... 

Loin de moi l'envie de me défiler en camouflant ma flemme sous quelques voiles poétiques. J'assume. Aujourd'hui, dimanche 22 mars j'ai traîné, lambiné, musardé, histoire de m'enliser, m'alanguir, de vivre quoi. Et voilà le résultat, une journée à bouquiner sur mon toit. Seul objectif concrêt:  laundry! Le lavomatik à la batignolaise quoi! Summum de la fainéantise: la laverie est juste across the street. Hahahaha








lundi 2 mars 2009

4 mois que j'ai pas regardé la Télé, mangé un croissant, mangé des pâtes au pistou avec des copines devant La Nouvelle Star ou La Starac...


March 1rst. Jour à marquer d'une pierre blanche: je me sens officiellement chez moi à NY. La preuve? je m'autorise une soirée glande, toute seule, devant la T.V! Et je me fiche de ce qui peut bien se passer dehors. 
La douce clameur de la ville me parvient par bribes, et c'est très bien ainsi. la toute proche Houston Street (supra célèbre frontière entre Soho and Lower East Side au Sud et Noho and East Village au Nord) semble rester bien sage et tranquille. La faune branchouille d'Alphabet City se remet de sa gueule de bois et les touristes se pressent sur le quai de la A pour rejoindre le Air Train et JFK.

Au menu du 178 E.2nd Street c'est pâtes au pistou (Barilla! Importé via mes-copines-air-craft) et American Idole (=Nouvelle Star). J'adore. Les pubs se succèdent: plats cuisinés, lessive organique et détergeant pour voiture, je comprends tout! (élément suffisamment notable pour être signalé ici). Pendant qu'une mexicaine allumée vente les mérites d'une croix en cristal "that keeps the Lord by you" sur CBS, mon linge sale s'éclate au laundromat du coin. First time in my life I actually use a washer-dryer... Not that secured... Suspens...
En fait ça me fait penser à Tina et ses lessives au lavomatique de la rue de Levis. Je préfère rester en surface en ce qui concerne les tiers, mais franchement, j'ai rigolé toute seule face au dilemme infernal du distributeur de lessive, des quarters qu'il faut aligner tout en sélectionnant un programme parmi 5 options plus farfelues les unes que les autres, à me disputer les dernières lingettes assouplissantes avec une quadra obèse adepte du décollement de racines... A présent JE SAIS. Et je comprends pourquoi les new yorkais surlignent en rouge les jours de laundry ...

10.30pm American Idole a laissé place à une sorte de Drama pathétique avec la toujours-anorexique-et-sur-liftée-Calista-Flockhart. Ca pleure, ça gueule, ça a des "moments" avec les violons et tout ça, ça danse sur le canap' avec toute la famille (parce-que-c'est-comme-ça-que-les-vrais-américains-passent-leurs-dimanches-en-famille) et puis ça se regarde dans le miroir avec la petite voix off en commentaire philosophico-sociologico-nombriliste. En temps ordinaire je penserais sincèrement au suicide de l'écran plasma (heu, du tube cathodique en fait), mais là, parce que c'est l'Amérique, je trouve ça fun. 

Il est à présent temps pour moi de raccrocher le clavier et de descendre chercher mes petites culottes. Fascinant.

A très bientôt pour d'autres histoires de chaussettes sales!
Et si vous êtes sages, je vous raconterais comment je me suis bricolé une semelle pour ma chaussure droite avec une Allways Ultra. Ha, ha! Ca vous épate ça hein!





mercredi 11 février 2009

The more I live in the City... The more I do love it here... Gonna be so hard to leave...


Je me rappelle parfaitement cette phrase de Xavier (L'Auberge Espagnole) arpentant les rues de Barcelone: "toutes ces rues aux noms inconnus qui demain me seront famileres"
Canal street, Bleecker street, Houston, Avenue A, Washington Square, White and Mott, Warren, Chambers, City Hall, Brooklyn Bridge, Bedford ave, Columbus Circle, Grand Central ... Tous ces noms sont aujourd'hui comme imbriques dans ma memoire et se fondent petit a petit dans la masse compacte de la rue des Abbesses, du square des Batignolles,  de la Sorbonne, du Chatelet et de la rue de Levis. 

Tel un pont de membranes, de nerfs et de neurones, je raproche les continents et fuse Paris avec New York. Savoureux cocktail de neuf et d'ancien, de crasse et d'effervescence, de luxe et de misere, chagrin, insouciance, badinerie,  euphorie, joie, sens, illumination, trouvaille, force. 
Pas de mots, trop de mots. Personne ne peut raconter New York. On l'aime un jour, on la hait le lendemain; c'est un peu comme une drogue dont on voudrait se defaire, mais vers qui on revient toujours tant la dependance est forte.

Ce matin, en trainant ma valise dans les rues de Chelsea, l'air doux et le ciel bleu en toile de fond parfaite, j'ai pris pour la premiere fois conscience de mon attachement, de mon addiction a la ville. Trop tard pour revenir en arriere, je suis mordue...


 



lundi 9 février 2009

Life in East Village


Des immeubles de moins de six étages, le carillon d'une église tous les samedi à Midi, des vieux bouibouis et des bars crasseux-branchés, des salons de tatouage et des ciné "art et essai"... East Village c'est un peu comme si Montmatre avait fait des bébés avec Le Marais, mais que l'un d'entre eux aurait préféré faire ses classes à Montreuil puis Oberkampf avant de s'exiler chez les New Yorkais... Ca donne une idée de ce qu'un jour sera la Goûtte d'Or! Il est temps d'investir dans le mètre carré!

En bonne East Villageoise qui se respecte je fais des gâteaux avec mes copines (beurre importé, café bio et oeuf battus en neige à la main) à genoux, sur la table basse du salon en écoutant Feist et les Dead 60's... On se fait des brunchs le dimanche sur la terrasse du toit (en perdant les clefs entre deux lattes de plancher renforcé... Retour à l'appart' par l'escalier de secours avant de comprendre comment récupérer les clefs) et des expéditions cookies à 4' du mat' entre deux clubs du Lower East Side. Redécouverte du plaisir de marcher pour aller au ciné/ au super marcher/ au café etc... 



lundi 2 février 2009

Verre moitie vide ou moitie plein?

J'annonce, je tape sur un clavier ricain alors j'ai pas d'accents.
Challenge: pondre ce message sans utiliser de mots avec accents.
Faut savoir se stimuler au quotidien pour rester intellectuellement au top.

Nouveau tournant dans l'histoire de ma vie (les blogs c'est toujours fondamentalement narcissique. Bienvenue dans le culte de moi): 
Nouvel appart', nouveau stage, nouveau quartier... Le weather aussi y va de sa participe: depuis hier c'est le printemps. Bon, je ne vais pas vous raser avec des trucs aussi fades que l'inventaire de toutes ces choses palpitantes qui rendent ma vie absolument fascinante (exemple: ce midi j'ai engloutis un Bretzel dans la rue avec un coca light pendant ma pause dej' en courant chez HSC), je me contenterais de ceci: C'est pas la ville qui comte, c'est les gens qui sont dedans. 
Depuis que je vis en colloc' avec un jeune autrichien trop cool, que mon proprio est un vieux barcelonnais collectionneur de chiuauas, que pour remettre mon security deposit il faut que je passe par la toiture en terrasse (notez l'esquive de l'accent circonflex), que mes potes ricains sont devenus "mes amis ricains", que j'ai vaincu mon snobisme et vois des francophones,  ma vie est tout simplement magique. Il m'en faut peu. Finallement.

Hier les States tremblaient pour le Superbowl. Moi je me perdais dans Harlem... En mini-jupe/rouge vermillon/ lunettes bleues-fluo-kids... Ambiance
Ne jamais sous-estimer le ressort comique d'une course poursuite dans Manhattan. Surtout quand on talonne trois touristes qui changent de lieux environs toutes les 10 minutes et n'ont pas de portable... 

"A la recherche de Solenn perdue"
ou
" Solenn perdue dans Manhattan"
ou encore
"Seek Solenn desperately"

fun.

Bon, je me la raconte une minute et puis j'en parle plus c'est promis: J'HABITE EAST VILLAAAAAAAAAAAAAAAAAAGE!
Sur les traces de Bob Dylan, Allen Ginsberg et David Bowie! (Et aussi un nombre incalculable de toxicos et junkies en tous genres...)
Mes voisines? Agyness Dynn et Chleo Sevigny.

Comme dirait Tina: La rue est un theatre (oui je sais les accents... Mais sitation oblige...)






 



lundi 26 janvier 2009

Brighton Beach Transfert, ou Là-où-ça-parle-plus-l'Anglais



Il est très tard, ou plutôt très tôt,
mais je suis in the mood for writing, mieux vaut ne pas laisser filer la vague. C'est une honte (et je m'en excuse platement) d'avoir laisser littéralement mourir mon blog pendant si longtemps. Après mûre végétation, le voici tout frais tout beau, ready to tell you the all point of my life.
Mmm... 

Quelque part entre le New Jersey (ils ont de super plages avec de la neige dessus en hiver, des super hamburgers avec tout plein de trucs dedans pour moins de $5, des moutons et des lacs gelés où tu peux ice-skater-as-you-like-dude) et Brooklyn (best-free-party-place-ever) il y a Manhattan. Beaucoup ont essayé d'en décrire l'atmosphère déprimante et enivrante à la fois, presque tous ont échoué. C'est juste indescriptible désolée.

Heureusement il y a Brighton Beach (in-the-middle-of-Nowhere), ses vieux russes Vodkaholics, ses marchands de saucisses et ses boutiques pour middle-class-soviet-hooker.  J'adore. 
La soirée New Yorkaise idéale commence par un dîner dans ce repère perdu au bout de la Q (encore et toujours! Cette ligne est tout un poème), dans un restau méta-kitch où se fêtent simultanément anniversaires/ Bar Mitzvah/ Baptêmes/ mariages et enterrements dans un flot d'alcool de patate, une orgie de machins en sauce et un délire de paillettes (genre Sue Hellen de Dallas, so années 80) sur fond de variétoche russe inter-générationnelle. A côté de cette soupe, les jeudis chez Michou ressemblent à un après-midi  à la maison de retraite d'Aix-les-Bains. Même Dostoyevsky il aurait pas osé.

Pendant qu'on trinque, nous extra-terrestres franco-ricains, les bolchéviques cassent du verre et fond grincer leurs rhumatismes sur la piste de danse (oui, il y a une piste de danse dans le restau. Versus music live. Fabuleux). Au bout du 6ème toast je commence à parler en français à Megan et Amy qui pigent pas un mot mais sont à fond dans la conversation. Heureusement que le Chenyak (Phillip de son petit nom) est là pour relever le niveau. L'est rusky le Phil, il commande dans la langue et bois la Vodka comme du petit lait. C'est de la triche il a l'ADN adapté. 
Je sais plus à quel toast on en est, mais fait franchement chaud là dedans. 
La vodka terminée (bah, une bouteille d'un litre à 3 c'est tout à fait correct, non?) je trouve qu'il n'y a rien de plus cool au monde que le pull en mohair brodé de ma voisine (j'ai un don inné pour me faire des copines dans les endroits les plus insoupçonnés. Ca me rappelle une soirée karahoké dans Spanish Harlem... Encore un plan fabuleux trouvé par hasard au détour d'une rue à 3h00 du mat' avec quelques pèlerins de mes amis. Oasis improbable perdu quelque part tellement loin de là où on croit qu'il faut faire la fête.)

Me voici sur la piste de danse entre Micha (58 ans) et Vladimir (70). Je chante en yaourt et à tue-tête un truc qui ressemble à du Edith Piaff version Caucase. Mes comparses ne sont pas en reste, Amy danse une sorte de Polka bizarre avec un pré-ado acnéique (j'ai le droit de moquer, c'est pas comme si je ne savais pas ce que c'est) et Megan tente une sorte de salsa-des-pays-l'Est absolument grandiose. Bref, ça gigue grave sur Brighton Ave. 

Nous en sommes à l'étape où nos nouveaux amis nous invitent à nous joindre à leur table ("table" est un euphémisme, je parlerais plutôt de digue avec un nappe et des plats dessus) lorsque les douze coups de -heu- 10pm sonnent et nous rappellent qu'on est à bien 1h00 en métro de Manhattan et que Chloe fait un Stand up à 11pm au Sidewalk Cafe.

C'est là que La Nuit New Yorkaise prend tout son sens. Si tu ne traverses pas une distance raisonnable (on va compter en dizaines de miles) entre le lieu de ton dîner et le lieux de ta soirée, t'es pas new yorkais. ce soir nous jouâmes dans la cour des grands. 

Je passe rapidement sur le Stand up. C'était fabuleux, Chloe (écossaire loufoque et absolument géniale) fait un carton. 45 minutes de one-woman-show tordant, la salle 
est conquise. Même qu'elle fait allusion à moi à un moment... "I have a french friend..." *séquence émotion *

12.30am, East Village. Dans un bar tellement ricain. Billard et lumière bleue. Barman tatoué et shot offert si t'achète une bière à $4. J'aime pas la bière. En même temps c'est pas comme si l'alcool restait une option ce soir... J'ai tellement de Vodka dans le sang que si je me coupais ma plaie se désinfecterait toute seule. 

Jukebox. J'adore. Surtout quand la programmation est aussi... Bar-américain-du-Lower-East-Side! Chloe et moi-même apprenons à ces ignares d'Etats-Uniens comment-qu'on-danse-en-Europe. C'est à dire que ce qui compte ce n'est PAS d'être sexy: c'est de faire tout plein de gestes bizarres et d'imiter des acteurs de théâtre expérimental. Succès immense. 

Il est bien trop tard, lorsque mon métro arrive en fin à City Hall (je
 passe le détail de l'attente sur le quai à West 8th Street parce que ce serait du déjà vu). Dans trois heures je me lève pour aller bosser. En fin je pense pouvoir grapiller une heure ou deux de plus parce que j'ai fait picoler mon boss (héhéhé, l'intérêt de bosser avec l'un de ses amis) pour avoir la paix. 

Je rends l'antenne. A très bientôt.
Vous me manquez bande de français! 

lundi 12 janvier 2009

What's the Hell am I doing here... Wait a minute. I f****** think I know and I'm loving it!

La neige givrée craque sous mes talons, la grêle creuse des sillons brûlants sur mes joues et mes narines pleurent, mais il fait bien chaud sous mon manteau. 
I'm in the mood for joy. Not only happiness. I mean, I deceided not to be homesick anymore, agathe to be tough, agathe to be excited again! And it works! I'm freaking back to myself, hopefully it's gonna last! 
Bon, j'arrête de me la raconter à parler l'Amérique, et je vous le dis sans détours, je suis belle et bien Française. Il m'a fallu 10 000 km, 82 jours et quelques heures pour le comprendre, mais OUI, je le dis et je le pense: I'm f***ing french and I bear it!
Bon ça, c'est fait.
Maintenant que j'ai enregistré de basic fondamental, je peux ré-apprécier NYC! Je profite de chaque jours comme si c'était le dernier et tout est à nouveau si simple, si beau. *Jouez les violons*

Je ne sais pas trop comment raconter les 15 jours qui se sont écoulés depuis les fêtes, mais en résumé: I was f***ed up. Heureusement je n'ai pas manqué de prendre des notes, et d'enregistrer quelques perles... Voici pour vous, et en images, mes premiers jours de 2009: